Les Shinken, sabres forgés de manière traditionnelle

Les Nihonto (les sabres forgés traditionnellement) actuels, sont appelés Shinken. Rare sont encore les forges au Japon qui pratiquent encore cet art ancestral. Pour que l’appellation « forge traditionnelle » peut se mentionnée, un certain nombre de processus doivent être respecté.

Au commencement, il y a le trie du minerai, appelé satetsu (砂鉄). De ces fragments est gardé uniquement des morceaux de qualité supérieur. Ces morceaux de classe supérieure sont placé dans le tatara (鑪), bas fourneau traditionnel japonais. La loupe d’acier qui en sort s’appelle le Tamahagane (玉鋼). C’est ce dernier qui sert à la forge traditionnelle d’un sabre.

L’étape suivante est la préparation de la billette de forge. Plusieurs petits paquets de Tamahagane sont soigneusement assemblés, pour former cette billette. Ce sera la base de la forge à proprement parlé. C’est à partir de çà que l’acier sera martelé, et modelé.

L’acier sera ensuite plié, plusieurs fois. Dans le but de nettoyer l’acier de ses impuretés, et chasser les bulle d’air qui s’y trouvent. Ce processus est répété un nombre de fois définies en amont de la forge. C’est ensuite à partir de là que commence le martellement très connu de l’acier. Le forgeron va frapper l’acier un nombre incalculable de fois, pour lui donner une forme, une longueur, le nagasa (長さ), et une courbure, le sori (反り). Toutes ces caractéristiques sont décidées en amont de la forge. Le martelage traditionnel s’effectue en plusieurs étapes, durant lesquelles le forgeron s’occupe de plusieurs lame. Différents lots de sabres sont donc traités en même temps, à des niveaux d’avancement différents. Les maîtres forgerons sont souvent assistés de 2 voir 3 élèves durant cette étape. Les élèves martèlent à tour de rôle la lame, et le forgeron peut donc se concentrer uniquement sur son travail, et s’économiser physiquement…

Une fois la forme définitive obtenue, c’est le moment de la trempe. Cette étape est cruciale pour la fabrication d’une lame traditionnelle. Les lames peuvent de fracturer, voir se briser. Il est donc important pour le forgeron de respecter la température de chauffe de l’acier, et d’établir le bon mélange et avoir la bonne température de l’huile. La lame est recouverte, en partie, d’argile de trempe. Ces mélanges secrets, sorte de mortiers réfractaires, appelés satanite permettent de ralentir plus ou moins de refroidissement. C’est avec ces différences de refroidissement qu’on produit le hamon (刃文), la fameuse ligne de trempe sélective. Puis on sort le sabre du fourneau, avec la lame rouge cerise caractéristique, et on la trempe dans l’huile.

La trempe correctement effectuée, il faut passer polissage et à l’affutage de la lame. Le plus souvent, ce n’est pas le forgeron qui opère cette étape. Des artisans spécialisés s’en occupent. Au début on frotte la lame sur des pierres de polissage, appelées naniwa. Le grain de ces pierres est grossiers au début, puis s’affine au fur et à mesure du processus. A la fin, ce sont des toutes petites pierres, glissées sous le pouces de l’artisan, qui sont frottées sur l’acier. Le tranchant, qu’on appelle le ha (刃), est affuté de la même manière. De l’eau est versée en abondance, manuellement, durant toute cette étape.

Puis la confection d’une monture s’impose. Un manche, une tsuka (柄), une garde, une tsuba (鍔), un fourreau, un saya (鞘) etc… autant de choses fabriquées elles aussi par des artisans. La tsuba (garde), est très souvent forgée par un forgeron qui ne fait que çà. C’est une spécialité particulière qui demande un savoir faire unique.
Pour toutes les parties en bois, tsuka (manche), saya (fourreau), mekugi (goupille), shirazaya (monture de conservation), sont fabriquées par un menuisier qui ne fait que çà également. Certaines petites pièces très particulières, comme le fuchi, kashira, les menuki, etc… sont en métal ou en os.
Le tressage du ito (糸), le cordage en tissu sur le manche, est la dernière chose qui se confectionne sur le sabre.

Arrive enfin, des mois, même des années après la commande, l’heure de la livraison. Les délais et coûts de ces véritables œuvres d’arts sont importants. Mais les amoureux de ces magnifiques pièces qui en commandent, le savent auparavant. Certains très rares réseaux permettent encore de se procurer ses pièces d’exception. C’est le cas de Mikazuki.
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